Yawl : contre vents et marées

Publié le 15 février 2016 pour Hōko Magazine. Voir l’article.

Quand Denver fusionne avec Augsburg, lorsque les frontières n’ont plus lieu d’être, un rappeur du Colorado croise ses sons avec un producteur germanophone. C’est l’histoire de « Yawl », qui désigne dans le jargon maritime un voilier à deux mâts. Ancient Mith rappe tandis que Dot gère les beats, et chacun excelle dans ses petites affaires, bravant déferlements électroniques et marées vocales.

Après avoir bouclé 35 dates européennes en 6 semaines, Yawl poursuit son tour d’horizon et fait escale au Mudd Club. En ce 16 février, nous découvrons le dernier-né de cette collaboration fiévreuse, l’EP A Pile To Keep, A Pile To Burn.
Ce duo est une vraie découverte. Mais tout l’intérêt de Yawl réside, à mon avis, dans leur performance live. Ancien Mith, de son flow noir et désabusé, tisse ses morceaux sur des samples arachnéennes puis s’adonne corps et âme : il saute, tape du pied, vacille mais ne sombre pas, s’essuie le front, fixe l’horizon, vocifère. Une toile sinistre et captivante prend forme. Ancien Mith livre une version honnête et franche de ses textes, là où de nombreux MC’s ne se donneraient qu’avec retenue. On retrouve ici la sincérité de la scène punk originelle, celle où l’on lève l’ancre tout en défiant du regard la tempête qui s’annonce.

Merci au Mudd pour cette programmation hors des sentiers. La page Bandcamp de Yawl étant désespérément vide, je t’invite à jeter un œil sur leurs teasers ici, et sur ce mystérieux site par . Et il y a des photos très cool sur leur page Facebook aussi.

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