Retour de rendez-vous

Publié le 30 janvier 2016 pour Hōko Magazine. Voir l’article.

Il m’aura fallu pratiquement 2 heures pour contempler les quelques 600 photographies exposées. 2 heures à déambuler dans les 1500m² alloués à l’exposition. 2 heures à piétiner, admirer, décortiquer, rêver, voyager. 2 heures à m’émouvoir à travers les regards de sujets immobiles, figés par l’image, ou à fixer de richissimes décors durant de longues minutes. Que retiendrai-je de ces 3 jours du 6ème rendez-vous image ? Outre l’absence regrettée – mais tout aussi imprévue – d’œuvres vidéo, plusieurs photographes m’ont marquée. 

Andrey KEZZYN (Russie)

Lauréat du Prix des professionnels de l’image 2016.

Des mises en scène titanesques, une recherche graphique et colorimétrique grandiose, des figurants que l’on croirait sortis tout droit d’une œuvre cinématographique ; comment résumer autrement qu’avec des superlatifs l’incroyable série My Conceptual Hell ? Assurément mon coup de cœur de cette 6ème édition.


Philippe DU CREST (France)

Lauréat du 1er Prix photo 2016.

Dans un clair-obscur feutré et intimiste, Philippe DU CREST sublime des scènes chirurgicales capturées sur le vif. Les émotions ressenties oscillent entre fascination ou répulsion. Néanmoins, l’irrésistible attraction de ces clichés capture notre regard et nous positionne au cœur de l’image, en véritable spectateur-chirurgien.


Michel RAJKOVIC (France)

Lauréat du Prix photo public 2016.

La série Nowhere se focalise, tout en monochromie, sur les éléments. Dans une harmonie parfaite, des environnements naturels s’allient, dans la brume, à des édifices bâtis par l’Homme. Une symbiose inattendue qui appelle à la contemplation et au délassement.


Krash Tavalda (France)

Le duo alsacien Krash Tavalda nous amène au cœur de la zone interdite, dans les confins oubliés de l’Ukraine, là où les compteurs Geiger s’affolent. Leurs œuvres, associées à de l’exploration urbaine pure, interpellent : quelles histoires se cachent derrière ces brides de vie figées dans le temps ? Quelle forme revêtait la société ukrainienne en 1986 ? Surtout, quelles leçons tirer de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl ?


Beni (France)

Artiste pluridisciplinaire reconnu de ses pairs (Alex HANSEN en tête), Beni excelle dans les illustrations, le graffiti, le tatouage et le manga. Mais c’est en tant que body painter qu’il a participé au 6ème Rendez-Vous Image, aux côtés de femmes ayant accepté de servir de toiles vivantes. Inspiré par la science-fiction et l’organique, l’artiste travaille volume, formes et couleurs, et appose son identité propre sur chacun des modèles qu’il peint. Suivez son actualité florissante sur sa page Facebook Beni Art.

La liste est encore longue. Je ne peux cependant pas achever cet article sans évoquer l’exposition « 1% de privilégies », qui présente une sélection d’œuvres remettant en cause la validité du système actuel. Ou parler de l’exposition « Les femmes de ma vie », qui nous présentent le portrait intimiste de mères, épouses, sœurs, voisines, grand-mères ou amies qui ont changé la vie de ceux qui les photographient. La liste est encore longue, et les images continuent de foisonner dans ma tête. Vivement la 7ème édition !

© Texte : Camille Schneider, Photographie : Julie Costet